Evaluation
Le débat sur l'évaluation, la norme, les bonnes pratiques, traverse aujourd'hui la plupart des champs professionnels. La demande d’évaluation adressée aux organisations prend de plus en plus la forme d’une injonction, voire d'une obligation légale.
Mais lorsque l'on demande aux professionnels d'évaluer leurs pratiques, que leur demande-t-on ? de rendre compte de la conformité à une norme ? de vérifier pour corriger ? ou de rendre intelligible leur action ?
de la rendre compréhensible ? de valoriser ce qu'ils font ?
Avant d'évaluer, il est donc nécessaire de s'interroger sur le projet d'évaluation.
Les chercheurs en sciences de l’éducation ont mis en évidence plusieurs modèles de l’évaluation, et l’existence de deux logiques de l’évaluation : la logique du contrôle et celle de la promotion des possibles, le reste de l’évaluation. Le contrôle (évaluation mesure, évaluation gestion et aide à la prise de décision, évaluation de résultats, d’effets, d’impacts…), qui n’est qu’un versant de l’évaluation, est légitime et nécessaire. Le contrôle n’est dangereux que s’il est survalorisé, dans l’ignorance ou le déni de l’autre logique. Les modèles de l’évaluation comme problématisation du sens, en cours d’élaboration, interrogent les sciences de l’humain : la philosophie, l’épistémologie et les théories dites « de la complexité ». Ils permettent de rendre disponibles tous les modèles existants, de les articuler, même s’ils sont contradictoires. L’évaluation fera appel, temporairement, à tel ou tel modèle, en fonction des visées éthiques, sociales et politiques que les partenaires de l’évaluation se seront donnés, en fonction du projet d'évaluation.
C'est sur ces approches que se fonde notre proposition d'accompagnement de projets d'évaluation.
Les consultantes de Passer'ailes, extérieures à l’organisation, interviennent pour organiser l’espace de l’évaluation et accompagnent tous les partenaires de la situation d’évaluation à travailler en projet, à questionner le sens de ce qu’ils font, à faire le va-et-vient entre les valeurs qu’ils portent, les actes et le sens. En distinguant, pour les articuler, logique du contrôle et logique du reste de l'évaluation, elles les aideront à élaborer eux-mêmes critères, indicateurs, référentiels d'évaluation. En installant les moments de la rencontre dans le temps, elles suscitent la participation de toutes les parties prenantes à l'évaluation.
Ainsi pensée, l'évaluation replace l'humain au coeur de l'activité, du travail, de la vie collective.